Archie Lee Hooker

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Jazztitudes Festival

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  • Date: March 1, 2019
  • Time: 20:30
  • Location: Foyer Gérard Philipe 39 Bis Rue Jean Jaurès, 02000 Chambry
  • Venue: JAZZTITUDES FESTIVAL

Contrairement à la plupart des festivals, Jazz’titudes peut compter sur deux passionnés de musique pour s’occuper de la programmation. Une mission essentielle, qui fait toute l’identité de ce festival. Ils nous racontent les coulisses de leur travail pour mettre au point un programme encore une fois riche en surprises.

Deux programmateurs, c’est une chance pour un festival ?

Pascal : En fait Dominique s’occupe de 95 % de la programmation, moi je n’interviens que sur une soirée. C’est la soirée grand public, avec la découverte d’un artiste. Cette année, ce sera Kimberose et Abyale à l’Odyssée.

Dominique : Nous avons toujours des artistes à la frontière du jazz. Ce n’est pas de la variété, ce sont des artistes un cran au-dessus. Il y a de l’improvisation, de la soul, jazzy. Pascal ramène de jeunes artistes. Ils ont tout à fait leur place. C’est le gospel, le blues, la soul, le rythm’and blues. Tout est intimement lié. Le jazz c’est le métissage, tous ces artistes sont influencés par la culture afro. Nous, on aime moins le jazz de Scandinavie, le jazz qui vient du froid.

Vos goûts comptent beaucoup ?

Dominique : Ce n’est pas de l’égoïsme, mais on veut aussi se faire plaisir. On est sollicité de partout, alors forcément on marche aux coups de cœur. Quand on a un coup de foudre on veut le faire partager. On peut se planter aussi.

C’est une prise de risque ?

Dominique : Oui, mais on n’est pas seul. J’aime le free-jazz par exemple, mais il n’y a pas le public à Laon pour ça. On programme que si on sent que ça peut plaire. On s’est déjà planté. Ça fait partie du jeu. Mais il y a un conseil d’administration avec neuf membres. Ils peuvent dire non.

“Même si on a des dizaines de milliers d’euros à dépenser, si on fait trois concerts et qu’on bouffe tout, ce n’est pas drôle” Dominique Capelle

C’est important d’avoir un bon carnet d’adresses pour être programmateur ?

Dominique : Oui, c’est très important. Il faut 5 ans pour qu’un festival ait une réputation et qu’il commence à être considéré par les agents ou producteurs. Nous, on reçoit 50 propositions par semaine. Des grands noms aussi. Mais notre vocation n’est pas de programmer des grosses vedettes.

C’est une question de budget ?

Dominique : On a le choix, mais on a aussi un budget à tenir. Même si on a des dizaines de milliers d’euros à dépenser, si on fait trois concerts et qu’on bouffe tout, ce n’est pas drôle. Nous, on préfère faire venir un artiste en devenir, s’il réussit on sera d’autant plus fier. Kimberose par exemple, on en reparle dans un an ! Ou Thomas Dutronc, quand on l’a programmé en 2006, il n’était pas connu. Aujourd’hui, il nous prendrait la moitié de notre budget s’il revenait.

Pascal : On a fait le choix de faire durer le plaisir.

 

Qu’est-ce qui est le plus plaisant : programmer un concert ou assister à un concert ?

Dominique : Moi, je prends plus de plaisir aujourd’hui à programmer. Aller voir simplement un concert me plaît moins. Je suis frustré. Quand on programme, il y a plein d’à côté. On va chercher l’artiste, on discute, on assiste aux balances. C’est extraordinaire.

Pascal : Ça dépend. On a un rapport privilégié quand on programme. Mais parfois on ne profite pas du concert. On est tellement concentré sur l’organisation. C’est pour cela qu’on enregistre pour réécouter après !

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